Les cinq vies
d'un rédacteur.
L’envie d’écrire a commencé à travers des récits de voyage et la rédaction est devenue mon métier en agence de publicité. Cette envie d’écrire ne m’a plus jamais quitté, même dans des moments difficiles.
Chapitre 1
Le rédacteur voyageur
Fraîchement diplômé de mon école de publicité parisienne, j’ai choisi de partir voyager. Pas de CV ni de lettre de motivation, ce sont mes récits de voyage qui m’ont permis de décrocher mon premier contrat de concepteur rédacteur en agence.
Pendant quatre ans, j’ai alterné les CDD de six mois chez DDB avec des voyages dans l’hémisphère sud.
L’amour sans oxygène.

« Je ne sais pas si c'est elle, je ne sais pas si c'est moi, mais qu’est-ce qu’elle est belle.
Je ne vois qu’elle. Je lève la tête et je n'aperçois plus le ciel derrière la grande himalayenne.
Si belle mais rien d’étonnant me direz-vous, elle est si jeune.
40 millions d’années affirment les psychopathes de la tectonique des plaques.
Elle serait née le jour où, d’une envie soudaine, le sous-continent indien se serait glissé sous le haut-plateau tibétain.
Un coup de foudre pour l’éternité.
40 millions d’années et elle grandit encore. 1 à 10 mm par an.
Du zèle diront certains. Une confirmation de sa supériorité, sans aucun doute.
Alors, je marche.
Je monte et je monte encore et plus je m'approche d'elle, plus elle redresse ses pics.
Je suis à près de 6000 mètres et j’ai l’ivresse des profondeurs... Inaccessible !
Alors, c’est mon regard qui remonte vers son visage, inexorablement, comme un bouchon de liège à la surface de l’eau. »
Toutes les histoires commencent par une lettre.

Elle est à moitié ouverte et l’enveloppe en partie déchirée.
On ne sait pas vraiment à qui elle est adressée.
Une chose est sûre, la lettre provient du Laos et c’est une première en dix ans de carrière pour Monsieur Alban.
Il peut apercevoir ces quelques lignes :
« C'est dans les profondeurs du grand sud laotien - à la frontière du Cambodge - que se trouve Don Det. Une petite île perdue dans les bras, innombrables, du Mékong. »
Quand les journées avancent aussi vite que la dérive des continents, la curiosité l’emporte forcément alors Monsieur Alban commence à lire la lettre comme si elle lui était adressée.
« Aujourd'hui, je me suis baigné avec la truite de mon déjeuner et je suis resté une heure en tête-à-tête avec mon cochon à la coco. Ici, rien n'est jamais très loin. Même horizon. Il s'arrête à la tête du buffle qui croise ta route ou à la cime des arbres de l'île vierge d'en face. A Don Det, tu as l'impression que le monde est une île minuscule et que le vélo est la dernière invention de transport en commun."
Monsieur Alban marque une pause…
Il pense à ses amis facteurs qui font leur tournée à la force des pédales.
« Il n'y a pas de moteur ici, à part celui du générateur qui tourne de 18 à 22 heures.
Il n'y a pas de pierre ici - à part celle qui nettoie le linge.
Il n’y a rien à faire non plus mais il y a le calme et surtout l’ignorance.
Va montrer une carte du monde à un habitant de Don Det.
Il n’a jamais quitté son île. Il va te dire que tu as fait un joli dessin.
Tu te retrouves ridicule avec ton soi-disant savoir face au sourire de l’ignorance.
Lui, il sait déjà tout ce qu’il y a à savoir sur son île.
Enfin bref !
J’ai tout essayé. J'ai pensé très fort aux réformes de la retraite et de la sécurité sociale, je me suis concentré sur le complotisme, les dérives de la sur-information et le retour du communautarisme.
En vain.
Rien n’a faire. Impossible de me rapatrier l’esprit.
J’étais bien alors j’ai prolongé le séjour.
Je devais rester trois jours. Je suis resté un mois.
Je ne suis pas du genre contemplatif.
Mater le décor sans bouger ça me saoule très vite.
Mais là il s’est passé un truc. Le temps s’est arrêté.
Normalement j’ai le vertige mais à Don Det j’ai aimé le vide.
Pendant mes heures de relaxation quotidiennes, confortablement installé dans mon hamac, un vieux monsieur au regard d'enfant vient me rendre visite.
Il vient tous les jours à la même heure alors forcément je l’attends avec impatience.
Il a vingt mots d'anglais et de français dans sa poche alors nous discutons longuement.
Il me raconte qu’il a appris le français à l'école mais qu'à la fin de ses études, les français sont rentrés chez eux. Alors, très sérieusement, il me dit : "J'étais triste quand tes amis sont partis parce que ça voulait dire que j'avais appris le français pour rien."
C'est comme ça que pense l'habitant de Don Det.
Il ne pense pas bien ou mal et il n’essaye jamais de regarder là où il ne peut pas voir.
Il trouve la conséquence directe et il s'arrête la.
Je ressens un brin de jalousie… »
Monsieur Alban en a lu assez et range la lettre dans sa poche.
Première fois de sa carrière qu’un courrier passé entre ses mains n’arrivera pas à son destinataire.
Et puis le lendemain… 9H… 10H… 11H… Toujours pas de Monsieur Alban à la poste.
La veille au soir, il avait regardé une carte du monde pour la dernière fois de sa vie pour situer la fameuse île.
Après l’avoir rejoint, il ne la quittera plus jamais.
Les déserts les plus spectaculaires.
J’ai eu la chance de mettre à profit mon expérience des voyages en travaillant pour Voyageur du Monde quelques années plus tard.
Chapitre 2
Le concepteur rédacteur
J’ai décidé de poser mes valises chez Ogilvy One, agence dans laquelle je suis resté huit ans.
Le temps de faire quelques campagnes…
CAMPAGNE DIGITALE “OUI SNCF”
CAMPAGNE DE RECRUTEMENT “CANAL+”
CAMPAGNE TRANSVERSE “LA MUTUELLE GÉNÉRALE”
PROPOSITION DE PARTENARIAT POUR “NORAUTO”.
Chapitre 3
Le rédacteur entrepreneur
Jusqu’au jour où j’ai filé ma démission afin de me lancer dans de nombreux projets liés à mes passions pour le jeu et le ballon rond.
APPEL À PROJET STADE DE FOOT 2.0
Notre présentation du projet “Virtual Stadium” a été retenue en première position.
Le projet s’est concrétisé avec la collaboration d’Arkos pour devenir l’application WeFan.
VIDÉO DE LANCEMENT DU JEU “THE GOLDENFAN”
J’ai embarqué avec moi un ancien directeur de création pour réaliser un nouveau projet lié à mon affection pour la ludification et le ballon rond.
En parallèle, j’ai continué l’écriture à travers ma passion du football. Je partageais mes articles sur Twitter où je n’avais pas loin de 30 000 followers après un an. J’ai été invité par la journaliste Pia Clemens afin de participer à l’émission 100% PSG sur Radio Bleu.
Je vous aime même si vous gagnez.
En nombre de pratiquants, de spectateurs ou de téléspectateurs, le football est - sans aucune contestation possible - le sport le plus populaire dans le monde. Mais le football n'en reste pas moins qu'un jeu.
Comme tout jeu, il ne fait pas partie de la vie "normale". Il permet de s’en extraire le temps d’un match. C'est une parenthèse hors du temps qui s'ouvre et se referme par un coup de sifflet. C'est une courte vie de 90 minutes, tantôt belle, parfois cruelle et dont la valeur ne devrait se mesurer que par sa finalité ? Que par la victoire ou la défaite ? Ce serait un bien triste constat. J’entends dire que l’histoire ne retient que les vainqueurs mais ce serait oublier ces « beautiful losers » comme les Pays-Bas de Cruyff en 1974, la France de 1982 et pour citer un autre sport qui me passionne, le cycliste Poulidor qui fût le personnage préféré des français, respecté pour son courage et éternel second de la grande boucle.
La victoire ou la défaite donne le goût, la saveur et la beauté en est le sel. Nous ne jouons pas pour gagner, nous jouons pour savoir si nous en sommes capables. Sinon, pourquoi irions-nous jouer au football le dimanche matin dans la boue en hiver après avoir perdu cinq fois de suite contre le même adversaire ? Pourquoi voudrions-nous refaire une partie de cartes après dix défaites consécutives ? Parce que jouer c’est croire. Croire en la victoire - qu’elle advienne ou non.
Et la victoire n’a pas la même valeur pour tout le monde. Elle vaut toujours trois points mais les moyens financiers et la situation des clubs altèrent les perceptions. Que l’on joue le maintien ou le titre, les trois points de la victoire n’ont plus la même valeur. La victoire est plus belle quand elle est rare.
Les supporters des grands clubs sont habitués à la victoire et s’ils sont en droit de demander plus que le simple fait de gagner. Nous avons le droit d’être en quête de beauté et de spectacle quand nous avons le talent pour.
En 1986, Jorge Valdano avait prononcé ces mots : " Gagner, on le veut tous mais seuls les médiocres n'aspirent pas à la beauté". Il avait pu se permettre de le dire parce qu’il venait de remporter la Coupe du monde avec un certain Maradona à ses côtés.
Maradona en douze secondes.
C’est en 1986 qu’eut lieu le match qui devait être une guerre et qui nous emmena au paradis du football.
Quatre ans après la guerre des Malouines, l’Argentine et l’Angleterre s’affrontent lors d’un ¼ de finale de Coupe du monde devant 114 580 personnes au Stade Azteca de Mexico.
Nous sommes le 21 juin 1986. C’est la veille du match et la presse attise les flammes : « Ne manquez pas la deuxième version de la guerre des Malouines » titre les journalistes mexicains.
Les joueurs argentins abordent cette rencontre avec un esprit de revanche et l’un d’entre eux, toujours en lutte contre l’injustice, deviendra un dieu vivant après ce match. Cet homme se nomme Diego Armando Maradona et je vais vous raconter où tout a commencé.
« J’ai grandi dans un quartier privé de Buenos Aires… Privé d’eau, privé d’électricité et privé de téléphone » s’amusait à dire “el pibe de oro”. L’homme était aussi à l’aise avec le verbe que sur l’herbe.
C’est à Villa Fiorito, un bidonville de la banlieue sud de la capitale argentine que le gamin aux cheveux touffus commença à jouer au football et prépara - bien évidemment sans le savoir - le match de toute une vie, de tout un pays.
C’est son enfance vécue dans ce quartier abandonné qui lui a appris à jouer avec les règles sans se faire prendre la main dans le sac. Sans cela, il n’y aurait pas eu « la main de dieu ». 1-0 pour l’Argentine à la 51ème minute.
C’est sur les terrains vagues bosselés, recouverts de cailloux et de broussailles qu’il a développé des capacités physiques hors normes et une technique basée sur l’évitement.
Sans cela, il n’aurait jamais marqué le plus beau but du XXème siècle.
Quatre minutes après le but qui n’aurait jamais dû être validé, le temps s’arrêta pour la plus belle chevauchée que le foot n’ait jamais connue. Il reçoit une passe anodine alors qu’il se trouve dos au jeu dans sa propre moitié terrain. Les douze secondes qui vont suivre resteront gravées dans la mémoire de tous. Une roulette pour se défaire du marquage entre deux joueurs anglais, un coup de rein et ils sont déjà loin. Il accélère comme s’il courait plus vite avec le ballon et se rapproche de la surface comme si rien ne pouvait l’arrêter. Chaque touche de balle et chaque appui sont millimétrés. Il élimine 1, 2, 3 défenseurs de plus avant de feinter le gardien et de marquer dans le but vide.
Je vous partage la vidéo avec les commentaires argentins pour avoir le son du frisson original.
La naissance du dribble.

Le pouvoir d’attraction du football découle de sa simplicité. Sa pratique nécessite par ailleurs que très peu de moyens : une balle et une aire de jeu qui peut facilement s’improviser.
On tape le cuir comme on tape le carton.
Ses règles sont particulièrement sommaires et les « 17 lois » qui régissent ce sport n’ont que peu changé depuis 1863. Ce sont les joueurs qui ont fait évoluer le jeu.
Au début il n’était pratiqué qu’en Angleterre et se résumait en un jeu de passes longues, le fameux « kick and rush » britannique qui permettait de rejoindre le territoire ennemi en passant par les airs.
Et puis le football a conquis l’Europe et, dans les années 30, le Brésil.
C’est au Brésil qu’est né le dribble. Ce sont les joueurs noirs qui l’ont inventé pour éviter les contacts avec leurs adversaires blancs et ne pas se faire rosser sur la pelouse.
Le dribble était une ruse, une feinte pour sauver sa peau. C’était un mouvement de corps semblable à celui des danseurs de samba ou des lutteurs de capoeira. Si le football est devenu si populaire et ludique, il le doit au dribble brésilien.
Chapitre 4
Le rédacteur dans la douleur
Un hiver, la maladie s’en est mêlée et la dépression est arrivée sans crier gare.
J’ai continué à écrire mais, cette fois-ci, ce fût pour me donner de l’espoir et formuler des raisons d’y croire.
J’étais comme un cerf-volant qui dansait dans un ouragan.
Cela faisait plus de vingt ans que j’ignorais ma maladie de Crohn. Je faisais comme si elle n’existait pas et je me soignais à peine, sans doute par déni. Je faisais semblant d’être un dur au mal alors que j’étais surtout très lâche. Et puis le déclic est arrivé et j’ai décidé d’affronter la maladie. Il y avait toute une série d’examens à effectuer avant de commencer un nouveau traitement et c’est au moment où je pensais m’être réveillé que le cauchemar a commencé. Il a duré trois ans.
Après une mise en quarantaine à l’hôpital à cause d’une tuberculose au poumon gauche, les vagues n’ont plus jamais cessé de déferler : spondylarthrite ankylosante, staphylocoque doré à profil résistant, triple opération du doigt, double embolie pulmonaire, dépression sévère et séjours en clinique à répétition. Pendant l’un d’eux, un psychiatre m’a diagnostiqué un TDAH.
J’étais né avec et puis ce n’était qu’un nom d’oiseau de plus à ajouter à la liste après tout.
Je n’ai jamais eu d’aussi bonnes notes qu’à cet examen. Cela expliquait tellement de choses comme mon incapacité à rester concentré longtemps si je n’étais pas passionné par ce que je faisais.
Je commençais donc un traitement à la Ritaline alors que celui pour Crohn ne fonctionnait toujours pas et avait réveillé mon infection pulmonaire.
Pourquoi me raconter ? Pourquoi écrire ?
Parce qu’il est toujours possible de s’écrire d’autres vies. Parce que tous les chagrins deviennent supportables quand on en fait le récit.
Raconter mon histoire me permet de voir mes souvenirs différemment et de les mettre en perspective. Je décide alors d’extraire de moi ce qu’il me plait. Comme si écrire me permettait de choisir.
Après la naissance viennent les premières paroles, quand il s’agit de renaître cela devient une reconquête et écrire est - pour moi - un outil thérapeutique. Enfin je crois.
Les paroles sont éphémères et finissent par s’évanouir. Les mots, quand ils sont écrits, se métamorphosent, prennent forme et s’éternisent. Ils peuvent devenir artistiques et permettent alors de créer un autre monde.
Je peux écrire et réécrire mon histoire, changeant ainsi mes souvenirs et mon avenir.
Je crois que les mots ont le pouvoir de panser les plaies. Les mots soignent les maux. Les mots donnent à voir et à croire, à interpréter et à imaginer.
Ils nourrissent l’imaginaire et permettent de se réconcilier avec une réalité qu’on voulait fuir.
Ce qui a été joyeux peut le redevenir…
Il y a autant de passés que de jours vécus.
Il y a autant de futurs que de jours à venir.
Seul le présent est unique et éphémère.
Le présent est notre temps le plus précieux.
Mais quand notre jouet préféré est cassé, tout disparaît.
Il appartient instantanément au passé.
Et quand le présent n’est plus, l’avenir non plus.
La rupture temporelle est violente.
Un sentiment d’exil nous empare.
La perte et l’abandon se relient entre eux.
La solitude comme refuge.
La solitude parce qu’il n’y a plus rien à partager.
Seul et suspendu à une improbable éternité.
Face à un avenir impossible tant que le présent est cassé.
Jusqu’au jour où une hirondelle apparaît.
Jusqu’au jour où le passé nous revient.
Pour l’enfant, un nouveau jouet fait oublier la perte.
Pour l’adulte, aucun autre présent n’existe.
La seule solution est de le réparer.
Le réparer en se disant que ce qui a été joyeux peut le redevenir.
Le réparer en se rappelant des souvenirs heureux.
Le passé n’est pas un paradis perdu.
Plus on remonte le temps, plus on retrouve son innocence.
Plus on remonte le temps, plus on retrouve son insouciance.
Cette nostalgie est un renouveau de l’esprit.
Ce qui a été joyeux peut le redevenir.
“Vilaine la chute”
Juste avant, je rêvais encore.
Je visais le titre.
Enfin, dans ma tête.
J’étais trop occupé à larver en secret la sous-merde que j’allais devenir.
Et puis c’est arrivé.
En quelques secondes.
Je suis passé de champion du monde virtuel à sous-merde dans le monde réel.
Je me suis retrouvé au tapis.
Même plus capable de faire un combat de coqs.
Circulez. Y’a rien à voir.
Un sale gosse qui pique ses crises.
Qui n’arrête pas de miauler.
Parce que le monde est injuste.
Et blablabla…
Non franchement. Pauvre mec.
Il faisait de la peine à voir.
Si je m’étais vu de l’extérieur à ce moment-là ?
Je me serais mis une bonne grosse tarte dans la face.
Histoire de me faire bien fermer ma gueule.
Définitivement.
Vilaine, la chute.
La veille, je m’imaginais encore faire l’Olympia.
Le lendemain, je buvais de la Polia avec mes potes clodos.
Moi et moi, désormais ça faisait deux.
Je n’étais plus tout seul dans le reptilien.
Je me comparais l’imposteur rêveur d’hier avec le tocard soulard que j’étais devenu.
Crois-moi, t’as pas envie de payer pour voir ça.
Je remettais tout en question.
Est-ce que la Terre est ronde ? Est-ce qu’on est dans la matrice ?
Enfin bref. Que de la merde.
Et puis les années ont passé.
Et puis aujourd’hui y’a plus de honte.
Ça parait magique mais en fait pas du tout.
Non mais ne rigolez pas je suis sérieux.
C’est du boulot pour réussir à ramener sa fraise sans rougir après une telle déconfiture.
30 secondes pour se faire allonger.
3 ans pour se relever.
Ah c’est bien foutu.
Tout est calculé. C’est mathématique.
1 balle - 30 ans
1 but - 30 millions
1 dépression - 3 ans
Je n’ai jamais cru en la chance.
Et pourtant je suis tombé dessus y’a quelques semaines.
J’ai tiré la carte « 2ème chance ».
Si si ça existe. Ça aussi c’est calculé.
Certains l’ont. D’autres pas.
On ne sait pas trop comment ça marche.
Bref, moi je suis tombé sur la bonne case.
La case « nouveau départ »
Comment ça se passe ?
Je reprends tout depuis le début ?
On peut faire un reset total ?
Ah non. C’est une deuxième vie mais dans la même vie que celle d’avant.
Putain je vais me taper des crampes au cerveau à répétition avec vos conneries.
Première décision pour commencer ma nouvelle vie : faut plus chercher à comprendre.
Ça, promis j’arrête.
Le pourquoi. Le comment. Rien à foutre.
Tu as tiré la carte « deuxième chance » alors éclate-toi et ferme là.
Bon débarras et advienne que pourra.
Chapitre 5
Le rédacteur conteur
Je suis parti pendant plus d’un an en missions humanitaires dans le désert malgache afin de mieux revenir.
Je continue d’écrire et cette fois-ci, c’est pour ma fille. Voici la première histoire que je lui ai racontée.
Prochaines histoires…
Les histoires surnaturelles d’une petite fille qui a le pouvoir de se téléporter à l’autre bout du monde en une fraction de seconde.
Le seul problème, c’est qu’elle ne décide jamais quand cela va arriver.
Sa seule chance de revenir auprès de sa famille est d’accomplir une mission dans un pays lointain.
C’était une petite fille qui ne connaissait que sa ville. Désormais elle parcourt le monde…
Comme son papa il y a 25 ans.




















































































































